vendredi 11 juillet 2008, par 14IR404 Jérôme
Je me rappelle mon unique contact avec l’Australie, j’étais le premier à avoir entendu son appel (qui n’était pas sur 27.555, ça rajoute du sport) et ni une ni deux, j’ai répondu à ce petit signal de 2 en pointe, en me disant "de toute façon, qu’est ce que t’y perds ?". A l’époque, pour vous dire, j’étais équipé d’un Yaesu FT-747GXII et d’une verticale 1/2 onde et je me cantonnais à n’utiliser que 50 watts.
Bingo, l’OM répond et j’ai même eu la chance de recevoir une carte QSL quelques semaines après. L’un de mes plus beaux contacts. Mais pourquoi je vous raconte ça ? Eh bien pour rien car ça n’a pas grand rapport avec cet article. C’est seulement pour le fun.
Il s’avère qu’en ce qui me concerne, je ne trafique qu’en portable pour le moment et il ne m’est pas évident de déplacer l’ensemble de la station sur mon site de trafic et d’être actif avant une bonne demie-heure. En sachant que j’ai quasiment tout mon matériel présent dans le véhicule. Comme la valise d’une femme enceinte !
Il y a encore quelques mois de ça, il m’est arrivé de passer des après-midi entières à l’écoute de la bande du 11 mètres avec de longues heures de balayage de long en large, tel un lion en cage à l’affut du moindre appel.
Car savoir écouter, c’est d’abord 90% de vos chances de réussite pour le DX. Il est vrai qu’il faut aussi que la chance soit de votre côté aussi car si vous arrivez sur LA fréquence après les big guns [1], ce n’est pas gagné.
Alors comment faire pour se faciliter la tâche ? Surtout que nous avons un outil formidable pour ça, à savoir Internet, qui doit être utilisé comme complément à notre activité et non pas comme substitut.
Il existe plusieurs moyens et je vais vous en présenter quelques uns.
1. L’utilisation du système de balise mondial IARU
Les balises, vous devez tous connaitre leur utilité mais saviez vous que certaines fonctionnait en quelque sorte en réseau ? Non pas qu’elles soient reliées entre elles physiquement mais synchronisées par rapport au temps universel (contrôlé par quartz...etc je ne rentrerai pas dans les détails car ce n’est pas l’objet de cet article).
C’est à dire que ces balises se succèdent en émission dans un timing très précis. Aucun décalage n’est toléré sinon tout le système deviendrait incohérent.
Ces balises fonctionnent sur les bandes radioamateurs et notamment sur 10 mètres, bande qui nous intéresse plus particulièrement car la plus proche en terme de propagation de celle du 11 mètres.
En détail, voici comment ça marche :
Chaque balise émet toutes les 3 minutes, jour et nuit. Ce tableau indique la minute et la seconde du début de chaque transmission durant l’heure pour chaque balise sur chaque fréquence. La transmission est constituée de l’indicatif envoyé en morse à 22 mots/minute suivi de 4 traits consécutifs d’une seconde. L’indicatif et le premier trait sont envoyés à 100 watts. Les suivants sont émis à 10 watts, 1 watt et 100 milliwatts.
Réglez votre transceiver sur 28.200 MHz CW et vous devriez entendre ces signaux et je vous avouerais qu’il est fort utile d’utiliser un logiciel pour savoir quel balise émet au même moment.
Quelques logiciels utiles pour le suivi des balises :
Avant toute chose, veillez à ce que l’heure de votre ordinateur soit bien synchronisée, ça a l’air évident mais on a un peu tendance à l’oublier...
Sous Windows...
Je vous conseille de vous rendre sur cette page, la liste est très complète avec duivers logiciels gratuits ou non, avec parfois des fonctionnalités complémentaires.
Sous Linux...
IBP
Il est disponible via les paquets synaptic d’Ubuntu par exemple, je l’ai testé et même s’il parait très basique, il fonctionne très bien et apporte l’essentiel.
Pour en savoir plus sur ces balises, lisez ces pages :
Le réseau de balises mondiales du système de balises IARU
2. L’écoute des balises classiques 10M
Il n’y a pas que les balises du système IARU qui sont utiles, il y a également les balises 10 mètres qui sont maintenues par des particuliers, des clubs ou associations diverses.
En effet, vous pouvez scruter l’ensemble de la bande 10 mètres à la recherche d’une éventuelle balise. Un exemple de liste maintenue par G3USFest disponible en cliquant ici. Malheureusement, ce genre de liste est très difficile à mettre à jour et probablement que toutes les balises ne sont pas actives contrairement à ce que l’on peut lire sur ces tableaux.
Le mieux est de balayer le morceau de bande dans lequel sont concentrés la majeure partie de ces balises (de 28,190 à 28,225 MHz) et dès que vous entendez un signal (en morse, la plupart du temps), vous cherchez dans les listes à laquelle de ces balises ce signal correspond. Ca vous donnera une petite idée des ouvertures de propagation du moment.
3. L’utilisation de "clusters"
Un cluster, c’est serveur informatique auquel on se connecte qui affiche des contacts signalés par les opérateurs radio. Par exemple, 14IR404 peut signaler qu’il vient d’entendre 14IR000 sur 27.600 MHz le 08/07/08, il peut signaler qu’il vient de rentrer en contact avec 14AT143 et commenter que ce dernier passait 5/9...etc.
C’est très utile pour avoir une vue de l’état de la propagation sur 11 mètres et surtout, sur quelle région cette dernière est présente.
Les 2 principaux clusters sur 11 mètres sont les suivants : CRXCluster & cluster.dk. Ils ne sont pas affiliés à des club radio et sont indépendants. En général, les grands clubs ont leur cluster présent sur leur site web. Je vais vous faire une courte description des 2 cités précédemment.
| CRXCLUSTER | CLUSTER.DK |
|---|---|
| Il a l’avantage d’être totalement gratuit. De plus, vous pouvez y accéder de plusieurs façon (avec un logiciel ou en ligne). Il offre des fonctionnalités supplémentaires et ne souffre que d’un manque de popularité. | Il est plus populaire, simple d’utilisation mais vous êtes déconnecté au bout de quelques minutes si vous n’êtes pas donateur, ce qui oblige à se "reloguer" souvent. Attention, la fenêtre de chat fonctionne mal avec le navigateur Firefox. |
Ces 2 clusters sont complémentaires et c’est sûrement le moyen le plus utilisé par les DXeurs 11 mètres pour connaître le niveau de propagation et où elle est la plus propice. Vous pouvez même discuter en ligne lors des périodes de manque de propagation.
4. Réception par email des alertes de propagation ES
J’utilise cette technique surtout pour le trafic VHF mais il est parfaitement adaptable pour le 11 mètres. Le principe est simple.
Vous vous inscrivez à une mailing-list qui vous envoie un email instantanément dès que le terme "ES" (un type de propagation particulièrement intéressant pour notre bande) est détecté par un robot via les clusters radioamateurs.
L’un des meilleurs robots existants actuellement est GoodDX. L’inscription s’effectue sur la page d’accueil et il ne vous suffit plus que d’attendre une éventuelle alerte sur votre logiciel de gestion courrier électronique favori.
Pour tout savoir sur la propagation Sporadique E, lisez cet excellent article de F5ZV.
EN CONCLUSION...
Tous ces moyens que je vous ai présentés sont complémentaires et il n’y en pas un de meilleur que les autres. Donc utilisez les tous, vous serez d’autant plus armé pour attraper le DX avant les autres.
[1] les stations puissantes... ou du moins largement plus équipées que vous HI
Poster un message